Au sortir du village, j'ai eu droit à un spectacle rare, semble-t-il. Quatre mouflons se sont pointés devant moi, dans les bois, à environ 15 mètres. C'est la première fois que j'en voyais en liberté. Gaétan, mon ami pèlerin français, m'avait dit encore hier qu'il rêvait d'en voir un jour, lui qui s'est tant promené dans ces régions au cours des dernières années. Je me suis arrêté, et eux aussi, et j'ai pu les observer quelques minutes, mais sans vraiment pouvoir prendre de photo. C'est un très bel animal, assez gros en fait, plus corpulent qu'un cerf, mais à peu près de même taille. Mais évidement, ce sont leurs cornes en colimaçon qui les rendent si magnifiques.
La météo n'était pas mauvaise en avant-midi, mais ça s'est ensuite gâté sur les hauteurs. Avec un vent encore plus fort et toujours très froid, la température avoisinait le 0 ou 2-3 degrés quand on a passé le col de Ginestet, vers midi, puis un peu plus loin, après une dernière montée, le Cap Faulat, à 1081 mètres, le point le plus haut du chemin d'Arles dans sa partie française.
Heureusement, nous sommes arrivés tôt, juste avant la pluie...et la neige en début de soirée! Pas surprenant, puisqu'on est à 850 mètres, ici, au village de Murat-sur-Vèbre, une toute petite commune de 900 habitants, mais qui en a déjà compté quelques milliers, il y a deux siècles. La guerre 14-18 à été particulièrement désastreuse pour la région en termes de soldats d'ici morts au combat.
Nous avons quitté le département de l'Hérault aujourd'hui, pour entrer dans celui du Tarn, qui inclut Gaillac, par exemple (mon vin de ce soir! ). Et nous ne sommes plus dans le Languedoc-Roussillon, mais dans la région des Midi-Pyrénnées. On a quitté le bassin méditerranéen pour entrer dans celui de l'Atlantique. Ça paraît sur la météo en tout cas! Moi qui voulait fuir les restes de notre hiver laurentien!
Il y a ici quelques édifices anciens, un château du XII ième siècle entre autres, dont les ruines étaient devenues presque complètement recouvertes par la végétation, mais qu'on a commencé à dégager et à restaurer il n'y a que quelques années, faute de fonds, auparavant. Quand je passe par tous ces très beaux mais très petits villages sur le Chemin, que ce soit sur celui-ci ou sur ceux du Puy et du Camino Frances, je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qu'ils seraient devenus sans l'affluence de tous ces pèlerins qui y passent à chaque année, et qui souvent s'y arrêtent pour dormir, manger, boire. Certains, sinon plusieurs, seraient tout simplement à l'abandon, ou presque, j'en suis convaincu. Le Chemin est devenu leur poumon, et eux sont devenus une partie de la magie de Chemin, pour nous, les pèlerins.
À demain...et merci pour tous vos messages...lâchez-moi pas!
Envoyé à partir de mon iPad.
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