dimanche 29 avril 2012

Étape 23 - Auch - Montesquoui - 31,9 km - Samedi le 28 avril

Une étape copier-coller de celle d'hier à bien des égards, notamment pour la distance, les dénivelés, le brouillard, la pluie, mais avec plus de boue! Beaucoup plus en fait! Je crois que je nai jamais marché dans des conditions pareilles. Nous sommes quatre à nous être rendus jusqu'à Montesquiou, à cette petite auberge de cinq chambres, et nous étions tous les quatre du même avis.












Alors on a noyé ça. Peter, le suisse-allemand, était arrivé une vingtaine de minutes avant moi et n'avait pas de douche dans sa chambre, alors l'aubergiste l'a fait se doucher dans la mienne. J'ai donc dit à Peter qu'il me devait une bière pour ça. En fait, on en a pris trois chacun. Plus du vin à volonté avec le dîner, un excellent cassoulet aux lentilles, spécialité de la région.

Un couple de résidents de la place, dans la quarantaine, s'est pointé en soirée pour prendre leur petite bière. Et le party a pris. J'ai beaucoup aimé leur tirer la pipe, à eux et à l'aubergiste qui s'en est mêlé, au sujet des élections présidentielles. Je prétend pour ma part qu'un gouvernement de gauche serait un désastre quand les vrais problèmes économiques du pays vont devoir être affrontés. On dirait que ces questions économiques sont escamotées dans ces elections, personne ne veut en parler parce que tout le monde sait que ce sera douloureux, et personne ne veut en entendre parler! Ah, les francais! Le type, lui, est à droite toute, avec le Front National, la dame à gauche, et l'aubergiste, je ne sais pas trop.


Et puis monsieur le maire est arrivé, venant faire son tour après une cérémonie qui avait eu lieu un peu plus tôt, sur la grande place, juste en face, pour rendre hommage aux pompiers locaux.



Mais à 9:30 heures, l'aubergiste a fermé le bar...et hop, dodo, même si c'était un samedi soir; faut dire qu'il n'y a plus grand monde dans le village, et ce sont plutôt des personnes âgées. Il pleuvait à boire debout à ce moment-là, juste pour nous faire chier et nous faire faire des cauchemars pour le lendemain!


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vendredi 27 avril 2012

Étape 22 - Gimont - Auch - 32,1 km - vendredi le 27 avril

Les deux photos ci-dessous pourraient à elles seules bien résumer cette difficile étape de 32,1 km, deux de trop car j'ai encore tourné en rond sur deux km au départ de Gimont avant de trouver le GR! Je ne sais plus ce qui m'arrive!






Mais j'ai tout de même pris quelques autres bonnes photos pendant les accalmies. C'était tout de même spectaculaire dans ce brouillard, en particulier cette belle vue sur Montégur et son château.















Arrivé à Auch et douché, j'ai voulu aller visiter l'immense cathédrale de l'endroit, complètement disproportionnée par rapport à la grosseur de la ville, qui compte à peine 21,000 habitants, mais elle était fermée. J'essaierai de m'y arrêter au moins 5-10 minutes demain matin. Elle est tout simplement gigantesque, tout en haut de la butte qui surplombe la ville.


















La première cathédrale aurait été bâtie dans la plaine du Gers. Elle fut ruinée par les Sarrasins au IXe siècle. Elle est alors reconstruite vers 845 au sommet de la colline dominant le Gers. Cette cathédrale brûla en 1171 et fut en grande partie détruite, ainsi que le cloître attenant. Au cours de fouilles, on n'en a retrouvé que les fondations du chœur. À plusieurs occasions par la suite, les archevêques ont essayé de reconstruire leur cathédrale. Il y a eu trois tentatives aux XIIIe et XIVe siècles, mais elles ont toutes échoué. Le début de la construction de la cathédrale actuelle a commencé vers 1450, pour ne se terminer qu'environ 225 ans plus tard! Comme ça s'est produit à plusieurs occasions lors de la construction ou restauration d'édifices religieux au cours de l'histoire, il y eut des concessions d'indulgences pour ceux qui aideraient à la reconstruction! Dommage qu'on n'ait plus droit à ça aujourd'hui!

Ce soir, j'ai dîné avec un suisse allemand retraité et expert du Chemin, Peter, de Berne, et une allemande, Mata. Ils logeaient au même endroit que moi hier et aujourd'hui encore, et ils étaient tout aussi perdus que moi ce matin à Gimont. On s'en est tirés à trois en fait. Ils vont jusqu'à Santiago, ces deux-là.


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jeudi 26 avril 2012

Étape 21 - L'Isle Jourdain - Gimont - 22,1 km - jeudi le 26 avril

Une étape plutôt courte, de 22,1 km, sans pluie ni vent, mais nuageuse et humide. Et on voit que les températures montent. On était nettement en bas de 10 degrés il y a une semaine et maintenant, ça monte un peu au-dessus de 15 en après-midi, ça fait du bien. Mais on n'est pas encore débarrassés de la pluie. Pour ici, pour plus loin, tout ce qu'on prévoit pour les prochains 7 jours, c'est un peu de pluie chaque jour, et pas beaucoup de soleil.

Mais les paysages sont de plus en plus beaux et le chemin est avec de moins en moins de bitume, un bon "break" pour les pieds!












Après environ deux heures de marche ce matin, j'ai rejoint mon couple de retraités allemands dans un village, Monferrand-Savès, et suis allé prendre la clé de l'église pour pouvoir la visiter. Eux, ils se sont installés sur le tout premier banc en avant, ont sorti leurs feuillets et se sont mis à entonner une série de chants liturgiques. Ils ont vraiment des très belles voix, et j'avoue que c'était très beau d'entendre ça dans cette église vide et sombre, même si je n'y comprenais rien car ce devait être de l'allemand. Je suis resté le temps de quelques chants et j'ai poursuivi ma route, pour les laisser dans leur intimité, je crois.



J'ai rejoint Sophie, Mirka, Michel et une autre pèlerine française, Brigitte, environ aux deux tiers de l'étape, et j'ai marché le reste en compagnie de Sophie. On s'est offert une petite collation d'adieu en arrivant, en compagnie d'une percée de soleil: deux tartelettes aux fraises!



C'est qu'à partir d'ici, elle va ralentir et faire de très courtes étapes pour arriver à Marciac dans 7 jours, au lieu de 4. Son cousin l'y rejoint pour l'accompagner pendant une semaine et il ne pouvait pas arriver avant. Elle m'aura tenu compagnie pendant ces trois premières semaines, hé oui, trois semaines de marche complètes aujourd'hui avec 507 km. Je l'ai en effet rencontrée dès la toute première journée et revue constamment depuis.

Un gros merci, Sophie, je ne sais pas si je me serais rendu jusqu'ici si je ne t'avais pas rencontrée, tellement ces trois semaines ont été difficiles par moments. Et bon camino!

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mercredi 25 avril 2012

Étape 20 - Pibrac - L'Isle Jourdain - 23,5 km - mercredi le 25 avril

Une drôle d'étape aujourd'hui. Pas très longue, elle devait être de seulement 24,5 km. Mais pour je ne sais trop qu'elle raison, j'ai loupé un petie coquille jaune sur fond bleu à environ 90 minutes après le départ. J'ai dû faire au moins trois kilomètres sans voir de nouvelle balise, alors je savais très bien que je n'étais plus sur le GR. Mais je savais toutefois que j'allais dans la bonne direction, vers l'ouest, alors je me refusais à rebrousser chemin. Et comme par magie, je me suis retrouvé devant un panneau d'une variante du GR, qui est en fait le Chemin Historique. Si je me fies au temps de marche au total, j'ai en fait dû faire un ou deux kilomètres de moins que prévu! Pas mal, hein, pour un gars qui était dans la lune!



On quitte de plus en plus la zone de banlieues entourant Toulouse et c'est déjà nettement plus campagnard. Une route toute en bitume toutefois, qui m'a tué la plante des pieds, mais jonchée de superbes demeures et domaines.









Et surprise, je suis arrêté faire un tour au gîte municipal ici, question de voir quels pèlerins pouvaient s'y trouver, et qui y ai-je retrouvée? Sophie, que je ne pensais pas revoir, et qui avait marché toute la journée avec une jeune tchèque, Mirka, je crois, elle aussi au gîte. Mirka ne parle pas un mot de francais, très très peu l'anglais, pas diable plus d'espagnol, mais elle a très bien saisi qu'on prend une bière tous les trois demain à Gimont, notre prochaine étape. Et puis une demi-heure plus tard, un pèlerin français, Michel, est arrivé. Alors avec le couple allemand de la veille, que j'ai d'ailleurs revu juste avant d'arriver ici, il semble bien qu'il y aura tout de même quelques personnes de plus sur ce Chemin pour la semaine qui vient. C'est déjà ça! Et aussi, big news, pas de pluie aujourd'hui, que du vent! La cape n'est jamais loin, cependant, attachée à l'extérieur de mon sac à dos, car le ciel est presque toujours menaçant.

Rien à dire sur le village, si ce n'est ce beau petit lac à coté duquel je loge, et sur lequel se trouve une genre de piste de wake-board, pouvant faire surfer plusieurs surfers, un à la suite de l'autre, tirés par un cable accroché à un grand système mécanique en anneau surplombant presque la moitié du lac. Je n'avais jamais vu un truc pareil. On m'a dit qu'il s'y déroulait des compétitions de calibre international. On voit bien aussi que le village est en expansion et que les affaires vont bien, ne serait-ce qu'en voyant ce quartier résidentiel tout neuf que j'ai traversé en arrivant. Et aussi, par ce resto pas mal haut de gamme, très achalandé pour un mercredi soir d'avril tout froid, où je crois d'ailleurs avoir repéré trois nouveaux pèlerins; j'irai valider ça tout à l'heure.



Le village abrite aussi un musée unique en France, qui apparemment contient l'horloge de la Bastille! Hé oui! Je me suis évidemment tout de suite demandé comment l'horloge de la Bastille avait bien pu se retrouver ici, aussi loin de Paris, dans un petit village de 7,000 personnes. En plus, je ne savais pas qu'il y avait une horloge à la Bastille et à quoi elle pouvait bien être utile. À tenir le temps des prisonniers? À quoi bon? Eh bien, le village a gagné un concours national, il y a une vingtaine d'années, contre Cahors en finale, pour un musée destiné à héberger une collection de cloches et d'horloges historiques, dont celle de la Bastille. Faut le faire, quand même, non? Une horloge à la fois célèbre et inconnue! Quel coup!


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Étape 19 - Toulouse - Pibrac - 15,1 km - mardi le 24 avril

Je croyais bien m'être débarrassé de mes deux ampoules, mais elles tardent à disparaître complètement, les sales! Quelle merde! Heureusement, il s'agissait d'une très courte étape aujourd'hui, 15,1 km, toute en milieu urbain, car je tenais à sortir de Toulouse à pied.

La sortie du centre-ville, via la Garonne et le Pont Neuf, est très belle, mais ça ne dure que quelques kilomètres.









Plus loin, c'est évidemment plutôt ordinaire, notamment la zone industrielle entourant les usines d'Airbus. En plus, la météo fut encore exécrable, avec pluie et vents forts sur la fin de l'avant-midi. Décidément, ce chemin d'Arles, à tout le moins au plan météo, aura été un calvaire de chemin! Vous comprendrez que je m'efforce de sacrer juste dorénavant. Ça m'a coûté trop cher, la dernière fois.

Comme on est en zone urbaine, le balisage est plus discret, et est constitué non pas des habituelles lignes horizontales blanches et rouges très voyantes, mais de petites coquilles jaunes sur fond bleu, comme en Espagne sur le Camino Frances, mais plus petites. Toute la journée, et une bonne partie de l'étape de demain. Faut pas les manquer.









Pibrac est comme une petite ville de banlieue, mais avec sa basilique.





Il y a un couple de pèlerins allemands qui logent au même endroit que moi ce soir. Ils commencent ici, pour quelques semaines. C'est pratique de commencer d'ici plutôt que de Toulouse même, car l'aéroport est tout près, à quelques kilomètres. Mais autrement, personne. L'aubergiste me dit que personne n'est prévu demain non plus. C'est clair que je suis au moins trois semaines trop tôt, selon lui.


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mardi 24 avril 2012

Toulouse - une pause, le lundi 23 avril

Tolosa, en occitan. Ici, c'est la grande capitale de l'Occitanie. Les noms de rues sont dans les deux langues, francais et occitan.

Le Chemin d'Arles, c'est la Via Tolosane, pas pour rien.

Toulouse, c'est aussi "la ville rose", parce toute les constructions sont en brique rose, même les plus vieilles. J'ai lu quelque part que la qualité de vie ici est l'une des meilleures dans les grandes villes de France. Ça paraît, à tout le moins dans la rue et dans les commerces et restos, où on ne peut qu'y constater bonne humeur et courtoisie.

C'est gros, de la grosseur de Québec environ, avec les agglomérations. Long à traverser pour un pèlerin. Tout comme pour Montpellier, pourtant deux fois plus petite, plusieurs prennent le bus pour traverser la ville. J'aime mieux la marcher, je trouve toutes les villes françaises superbes.









La grosse affaire, pour les pèlerins, c'est la basilique Saint-Sernin, un immense sanctuaire bâti pour abriter les reliques de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, martyrisé en 250. La rue du Taur qui mène de la place du Capitole à la basilique tire d'ailleurs son nom des circonstances du martyre, Saturnin ayant été tiré par un taureau furieux sur ce qui était alors une route sortant de la ville. Sa tête aurait tout simplement explosé sur les marchés et les pierres. Y a un peu de légende là-dedans, car les premiers écrits datent de plus de cent ans après les événements.









Alors Toulouse recevait la visite de nombreux pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, venus honorer les reliques du saint.

Dans la crypte de Saint-Sernin, il y a les reliques d'une partie de la vraie croix, avec un genre de bande dessinée sur toile relatant le parcours de cette relique jusqu'ici, comme pour en attester l'authenticité. Hummmm! Quand mon cerveau s'en mêle, vous savez ce que je pense de tous ces trucs!



Il y a beaucoup d'autres beaux et vieux bâtiments à voir ici. La Couvent des Jacobins, qui abrite les reliques de Saint-Thomas d'Aquin, très impressionnant par son espace intérieur:









La cathédrale St-Étienne:







Le musée des Augustins, une genre de musée des beaux-arts, superbement aménagé autour du cloître d'un vieux et immense monastère des XIV et XV ième siècles:









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